Face à Trump, le courage a déserté les États

Donald Trump n’a jamais été un mystère. Il insulte, menace, ment, attaque les institutions, piétine les alliances, méprise les règles… et le fait à visage découvert. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est la manière dont les États continuent de baisser les yeux.

Le problème n’est plus Trump. Le problème, c’est le silence gêné, les sourires crispés, les communiqués mous, les “il faut composer”, les “restons pragmatiques”. Bref : la diplomatie version trouille.

Face à Trump, les États ne manquent pas d’informations, ils manquent de courage.

Car enfin, tout est su. Ses attaques contre la presse. Ses menaces contre la justice. Son mépris des alliances. Son usage permanent du rapport de force. Sa vision du monde où le respect ne s’obtient qu’en flattant son ego.

Et pourtant, combien de dirigeants continuent de jouer le jeu ?
Combien préfèrent ne pas froisser plutôt que de poser des limites claires ?
Combien se disent qu’un peu d’humiliation vaut mieux qu’un conflit ?

C’est là que la lâcheté devient politique.

On appelle ça du réalisme.
On dit qu’il faut “préserver les relations”, “éviter l’escalade”, “penser aux intérêts nationaux”. En réalité, on a surtout peur de la réaction de Trump. Peur de ses tweets, de ses représailles, de son imprévisibilité mise en scène comme une force.

Mais céder à l’intimidation n’a jamais produit du respect. Ça produit exactement l’inverse.

Trump ne respecte que ceux qui lui résistent. Tous les autres deviennent des figurants.

Et plus les États plient, plus ils valident son mode de fonctionnement : la brutalité paye, la menace fonctionne, la loi est négociable, la vérité est secondaire. C’est un message désastreux envoyé au monde entier, surtout aux démocraties déjà fragilisées.

Le plus inquiétant, ce n’est pas que Trump teste les limites. C’est que personne ne les défende vraiment.

La démocratie occidentale se voulait un modèle fondé sur des principes : droit, institutions, équilibre des pouvoirs, liberté de la presse. Aujourd’hui, face à Trump, ces principes deviennent soudain optionnels, ajustables, négociables.

On accepte l’inacceptable, en espérant que ça passe.

Mais l’histoire est claire :
quand les États renoncent à défendre leurs valeurs par peur, ils perdent à la fois leurs valeurs et leur crédibilité.

Le courage politique n’est pas de provoquer.
Il est de dire non quand le non est nécessaire.
De poser des limites claires.
D’assumer le coût de la cohérence.

Face à Trump, trop d’États ont choisi la facilité : survivre diplomatiquement à court terme, quitte à abîmer durablement ce qu’ils prétendent défendre.

Et c’est peut-être ça, le vrai danger : pas un homme bruyant, mais des institutions silencieuses.

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