Coupe du monde 2026 : quand le football populaire devient un luxe américain

Le football est censé être le sport du peuple. C’est en tout cas ce qu’on répète depuis des décennies, entre deux slogans FIFA sur l’universalité, l’inclusion et la passion qui unit les peuples. Puis arrivent les prix des billets de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, et soudain, le peuple comprend qu’il n’était pas invité.

Assister à un match du Mondial 2026, ce ne sera pas vivre une fête populaire. Ce sera un investissement financier, à mi-chemin entre un week-end à Las Vegas et un remboursement de crédit étudiant. Le ballon est rond, mais la facture, elle, est carrément anguleuse.

On nous explique que c’est normal.
Inflation.
Sécurité.
Stades ultramodernes.
Expérience premium.

Traduction : le football est devenu un produit de luxe, et vous n’êtes plus la cible.

Les tribunes populaires, celles qui chantaient faux mais fort, celles qui faisaient vibrer les stades, sont progressivement remplacées par des sièges confortables, des zones VIP, et des spectateurs qui regardent le match à travers l’écran de leur téléphone. Parce qu’à ce prix-là, il faut bien prouver qu’on y était.

Le plus ironique, c’est que la Coupe du monde 2026 se joue dans un pays où le football n’est même pas le sport numéro un. Mais il en a parfaitement adopté la philosophie dominante : tout est spectacle, tout est monétisable, tout est optimisé pour le profit. Le jeu ? Secondaire. L’expérience client ? Prioritaire.

On ne vend plus un match.
On vend un package.
Un “moment unique”.
Une photo Instagram.
Un souvenir hors de prix, mais surtout hors de portée.

Et la FIFA, fidèle à elle-même, explique que ces tarifs reflètent la “valeur exceptionnelle de l’événement”. Curieuse conception de la valeur, qui exclut précisément ceux qui ont fait du football ce qu’il est : un sport accessible, imparfait, bruyant, vivant.

À force de vouloir rendre le football rentable, on est en train de le rendre stérile.
Un stade plein de portefeuilles, mais vide d’âme.
Un public trié par solvabilité plutôt que par passion.

La Coupe du monde 2026 promet d’être grandiose, moderne, rentable.
Elle sera aussi un rappel brutal : le football n’appartient plus à ceux qui l’aiment, mais à ceux qui peuvent se l’offrir.

Et pendant que les prix grimpent, la FIFA continuera de parler d’universalité.
Un mot très pratique : il ne coûte rien à prononcer — contrairement aux billets.

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